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Bulletin sur les cybermenaces : Les activités de cybermenace liées à l’invasion de l’Ukraine par la Russie

À propos du présent document

Auditoire

Le présent bulletin sur les cybermenaces est destiné à la collectivité de la cybersécurité. Tout en étant soumise aux règles standard de droit d’auteur, l’information TLP:WHITE peut être distribuée sans aucune restriction. Pour obtenir de plus amples renseignements sur le protocole TLP Traffic Light Protocol - (en anglais seulement), prière de consulter la page Web.

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Prière de transmettre toute question ou tout enjeu relatif au présent document au Centre canadien pour la cybersécurité à contact@cyber.gc.ca.

Table des matières

Méthodologie et fondement de l’évaluation

Les principaux avis formulés dans la présente évaluation se basent sur de multiples sources classifiées et non classifiées. Ils sont fondés sur les connaissances et l’expertise du Centre canadien pour la cybersécurité (Centre pour la cybersécurité) en matière de cybersécurité. En défendant les systèmes d’information du gouvernement du Canada (GC), le Centre pour la cybersécurité bénéficie d’une perspective unique lui permettant d’observer les tendances dans l’environnement de cybermenaces et d’appuyer ses évaluations. Dans le cadre du volet du mandat du Centre de la sécurité des télécommunications (CST) touchant le renseignement étranger, le Centre pour la cybersécurité tire parti d’information précieuse sur les habitudes des adversaires dans le cyberespace. Bien que le Centre pour la cybersécurité soit toujours tenu de protéger les sources et méthodes classifiées, il fournira au lecteur, dans la mesure du possible, les justifications qui ont motivé ses avis.

Les avis du Centre pour la cybersécurité sont basés sur un processus d’analyse qui comprend l’évaluation de la qualité de l’information disponible, l’étude de différentes explications, l’atténuation des biais et l’usage d’un langage probabiliste. On emploiera des termes tels que « nous estimons que » ou « selon nos observations » pour communiquer les évaluations analytiques. On utilisera des qualificatifs comme « possiblement », « probable » et « très probable » pour exprimer les probabilités.

Le présent document est basé sur des renseignements disponibles en date du 22 juin 2022.

Note: Le tableau fait coïncider le lexique des estimations à une échelle de pourcentage approximative. Ces nombres ne proviennent pas d’analyses statistiques, mais sont plutôt basés sur la logique, les renseignements disponibles, des jugements antérieurs et des méthodes qui accroissent la précision des estimations.

  • 0 à 9% Risque quasi nul
  • 10 à 29% Très improbable
  • 30 à 39% Improbable
  • 40 à 59% Les possibilités vont dans les deux sens
  • 60 à 69% Probable
  • 70 à 89% Très probable
  • 90 à 100% Quasi-certitude
 
 
  • Nous évaluons que les cyberopérations liées à l’invasion de l’Ukraine par la Russie ont été certainement beaucoup plus sophistiquées et étendues que l’ont laissé entendre les sources d’information publiques.
  • Selon toute vraisemblance, les cyberopérations de la Russie ont cherché jusqu’ici à détériorer, à perturber, à détruire ou à discréditer le gouvernement, les forces militaires et les fonctions économiques ukrainiens, à s’implanter dans les infrastructures essentielles et à restreindre l’accès de la population ukrainienne à l’information.Note de bas de page 1
  • Nous estimons que les auteurs de cybermenace parrainés par la Russie poursuivront sans doute leurs activités malveillantes pour appuyer les objectifs tactiques et stratégiques des forces militaires russes en Ukraine.
  • Selon notre évaluation, les auteurs de cybermenace parrainés par la Russie ont presque assurément augmenté leurs activités de cyberespionnage visant les pays membres de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en guide de représailles au soutien manifesté à l’endroit de l’Ukraine.
  • Nous croyons que la Russie est presque inévitablement en train de développer des cybercapacités contre des cibles de l’Union européenne (UE) et de l’OTAN, y compris les États-Unis et le Canada.Note de bas de page 2
 
 

Selon toute vraisemblance, les cyberopérations de la Russie ont cherché jusqu’ici à détériorer, à perturber, à détruire ou à discréditer le gouvernement, les forces militaires et les fonctions économiques ukrainiens, à s’implanter dans les infrastructures essentielles et à restreindre l’accès de la population ukrainienne à l’information.Note de bas de page 3 Les auteurs de cybermenace parrainés par la Russie poursuivront sans doute leurs activités malveillantes pour appuyer les objectifs tactiques et stratégiques des forces militaires russes en Ukraine.

Depuis l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, l’Ukraine a considérablement amélioré sa situation en matière de cybersécurité, notamment avec l’assistance récente de gouvernements et d’entreprises spécialisées dans la technologie de l’UE et de la collectivité des cinq (Australie, Canada, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni et États-Unis).Note de bas de page 4

À la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022, des auteurs de menace présumés russes ont réalisé plusieurs attaques perturbantes et destructrices contre les réseaux informatiques de cibles ukrainiennes, y compris des attaques par déni de service distribué (DDoS pour Distributed Denial of Service) et le déploiement de maliciels effaceurs dans de nombreux secteurs, dont les secteurs du gouvernement, des finances et de l’énergie. Les cyberopérations ont souvent coïncidé avec des opérations militaires conventionnelle .

Pour l’instant, les auteurs de cybermenace associés à la Russie ont employé huit familles dépistées de maliciels dans le cadre de leurs activités destructrices contre l’Ukraine : WhisperGate/Whisperkill, FoxBlade (HermeticWiper), SonicVote (HermeticRansom), CaddyWiper, DesertBlade, Industroyer2, Lasainraw (IsaacWiper) et FiberLake (DoubleZero).Note de bas de page 5

À la mi-avril, des auteurs de cybermenace parrainés par la Russie ont lancé quatre variants différents d’un nouveau maliciel contre diverses cibles ukrainiennes. Des sociétés de cybersécurité ont attribué ces attaques au groupe Armageddon (alias Gamaredon/Shuckworm), qui a été lié au Service fédéral de sécurité (FSB) de la Russie.Note de bas de page 6

Cyberactivités visant les communications ukrainiennes

Au début mars, le Service de sécurité de l’Ukraine (SBU) a signalé que des auteurs de cybermenace avaient compromis des sites Web d’autorités régionales et locales afin de publier de la désinformation sur la capitulation de l’Ukraine et la signature d’un traité de paix avec la Russie.Note de bas de page 7

Au cours de cette même période, des auteurs de menace de connivence avec la Russie auraient brouillé la connexion qui relie le service Internet par satellite Starlink de SpaceX et les terminaux connexes, lesquels fournissaient un accès Internet supplémentaire au gouvernement ukrainien. Depuis, Starlink a apporté des modifications à son logiciel et le brouillage ne s’est pas reproduit.Note de bas de page 8

À la fin mars, des auteurs de menace soupçonnés d’avoir fait allégeance à la Russie ont causé une importante interruption de services touchant Ukrtelecom, un fournisseur ukrainien d’accès Internet, ce qui a occasionné l’une des pannes Internet les plus étendues dans le pays depuis le début de l’invasion.Note de bas de page 9

À la fin avril, l’équipe d’intervention en cas d’urgence informatique de l’Ukraine (CERT-UA) avait publié une mise en garde contre des attaques constantes par DDoS visant des sites pro-ukrainiens et le portail Web du gouvernement, qui étaient réalisées par l’entremise de sites WordPress compromis.Note de bas de page 10

Cyberactivités visant le secteur de l’énergie de l’Ukraine

Au début avril, des auteurs de cybermenace du service de renseignement militaire russe (GRU), alias l’équipe Sandworm, ont tenté de déployer le maliciel Industroyer2 ainsi que plusieurs familles de maliciels destructeurs contre des sous-stations électriques haute tension en Ukraine dans le but de causer des pannes d’électricité généralisées.Note de bas de page 11 Ils sont parvenus à se déplacer du réseau de technologies de l’information (TI) au réseau du système de contrôle industriel (SCI) de la victime. La CERT-UA, en collaboration avec l’entreprise de sécurité Internet slovaque ESET, a réussi à remédier à l’intrusion et à protéger le réseau ciblé.Note de bas de page 12

Cyberactivités visant le gouvernement ukrainien

En mai 2022, l’équipe XakNet a affirmé qu’elle s’était introduite dans le réseau du ministère des Affaires étrangères de l’Ukraine et avait exfiltré des documents qu’elle a publiés sur les médias sociaux dans le cadre d’une opération de piratage et de fuite de données.Note de bas de page 13 L’équipe XakNet a offert une prime à ses 20 000 abonnés pour les analyses de données les plus élaborées.

À maintes reprises, des auteurs de menace liés à la Russie ont déployé une variété de maliciels effaceurs ainsi que des attaques par DDoS contre divers ministères du gouvernement ukrainien.Note de bas de page 14

Chronologie des attaques militaires et des cyberopérations en Ukraine – du 14 février au 16 mai Note de bas de page 15

Exemples de cyberactivités et d’activités cinétiques d’envergure orchestrées par la Russie.

Février 2022

Activités cinétiques
  • 24 février
    Avancée des chars d’assaut russes dans le centre-ville de Soumy

Cyberactivités d’envergure orchestrées par la Russie
  • 14 février
    Compromission d’infrastructures essentielles basées à Odessa par des auteurs vraisemblablement russes

  • 17 février
    Présence d’auteurs de menace présumés russes sur des réseaux d’infrastructures essentielles à Soumy

  • 24 février
    Interruption de la majorité du réseau de communications européen KA-SAT par des auteurs de menace russes

  • 28 février
    Compromission d’une entreprise médiatique basée à Kyiv par un auteur malveillant

Mars 2022

Activités cinétiques
  • 1er mars
    Frappe d’un missile sur la tour de télévision de Kyiv

  • 3 mars
    Pannes d’électricité généralisées à Soumy et explosions dans des centrales électriques

  • 3 mars
    Prise de contrôle de la centrale nucléaire principale de l’Ukraine par les forces militaires russes

  • 6 mars
    Huit missiles lancés sur l’aéroport de Vinnytsia par les forces russes

  • 11 mars
    Premières frappes russes à Dnipro sur des édifices gouvernementaux

  • 16 mars
    Frappes de roquettes russes sur la tour de télévision de Vinnytsia

Cyberactivités d’envergure orchestrées par la Russie
  • 1er mars
    Attaques destructrices et exfiltration de données orchestrées contre des entreprises médiatiques basées à Kyiv

  • 2 mars
    Déplacement latéral sur le réseau d’une centrale nucléaire ukrainienne par un groupe russe

  • 4 mars
    Compromission du réseau gouvernemental à Vinnytsia par APT28

  • 11 mars
    Implant destructeur lancé contre un organisme gouvernemental à Dnipro

  • 28 mars
    Pannes généralisées dans une entreprise de télécommunications ukrainienne à la suite d’une cyberattaque

Avril 2022

Activités cinétiques
  • 3 avril
    Frappes aériennes russes sur des dépôts de carburant et des raffineries en périphérie d’Odessa

  • 8 avril
    Frappes de missiles russes sur la gare ferroviaire de Kramatorsk

  • 10 avril
    Destruction de l’aéroport international de Dnipro découlant de bombardements russes

  • 19 avril
    Lancement de missiles russes simultanés sur Kyiv et Lviv

Cyberactivités d’envergure orchestrées par la Russie
  • 8 avril
    Réseau électrique ukrainien ciblé par Sandworm

  • 22 avril
    Attaque par DDoS menée contre le service postal national de l’Ukraine

Mai 2022

Activités cinétiques
  • 16 mai
    Prise de contrôle total de Marioupol par les forces russes

Cyberactivités d’envergure orchestrées par la Russie

La collecte de données pour cette ligne du temps s’est conclue le 16 mai. Les cyberactivités se sont toutefois poursuivies.

 
 

Tandis que les activités de cybermenace russes dans le contexte de la guerre en Ukraine ont visé principalement des cibles ukrainiennes, plusieurs incidents ont débordé sur d’autres pays, et les effets de ces débordements demeurent une menace préoccupante pour la communauté internationale.

À titre d’exemple, des auteurs de cybermenace russes ont amorcé une opération le 24 février 2022 qui a déstabilisé la majorité du réseau européen du service de télécommunications par satellite KA-SAT de Viasat et qui avait pour but d’interrompre les capacités de communication des forces militaires ukrainiennes.Note de bas de page 16 Le 10 mars, des milliers de modems du réseau satellitaire KA-SAT ont été rendus inexploitables, y compris des modems situés en France, en Allemagne, en Grèce, en Hongrie, en Italie et en Pologne. Le 10 mai 2022, le Canada et ses alliés de la collectivité des cinq, de même que l’UE et l’Ukraine, ont attribué publiquement cette attaque au gouvernement russe.Note de bas de page 17

Entre le 15 et le 22 avril, Killnet, un groupe de piratage informatique sympathisant de la Russie, a revendiqué plus de 20 attaques par DDoS qui ont touché de nombreux secteurs des infrastructures essentielles en République tchèque, en Estonie, en Lettonie, en Pologne, au Royaume-Uni et aux États-Unis.Note de bas de page 18

Ciblage de l’UE et de l’OTAN

Il y a tout lieu de croire que les auteurs de cybermenace parrainés par la Russie ont redoublé d’efforts en matière de cyberespionnage contre les pays de l’OTAN qui ont exprimé leur soutien à l’Ukraine. Depuis janvier 2022, les auteurs de cybermenace russes ont ciblé des entités du gouvernement, du milieu universitaire, du secteur privé et des infrastructures essentielles au Danemark, en Lettonie, en Lituanie, en Norvège, en Pologne, aux États-Unis et en Turquie pour des motifs de cyberespionnage, de même que des entités en Finlande et en Suède, deux pays ayant soumis leur demande d’adhésion à l’OTAN à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février.Note de bas de page 19

Au début avril, les autorités ukrainiennes ont signalé publiquement que des cibles du gouvernement ukrainien et de gouvernements non précisés de l’UE avaient fait l’objet de plusieurs tentatives de harponnage attribuées à des auteurs de cybermenace du FSB.Note de bas de page 20

À la fin avril, le groupe de piratage informatique Hive0117, motivé par le gain financier et jusqu’alors inconnu, a mené une campagne d’hameçonnage contre divers pays de l’Europe de l’Est dans laquelle il se faisait passer pour un organisme russe et transmettait une copie du maliciel DarkWatchman.Note de bas de page 21

À la mi-mai, un auteur de menace inconnu a créé un site Web fictif dans le but d’inciter des utilisateurs allemands démontrant un intérêt pour la crise en Ukraine à télécharger des documents malveillants en vue de les infecter d’un cheval de Troie personnalisé autorisant l’accès à distance à PowerShell et ensuite voler des données.Note de bas de page 22

Nous croyons que la Russie est presque inévitablement en train de développer des cybercapacités contre des cibles de l’UE et l’OTAN, y compris les États-Unis et le Canada.Note de bas de page 23

Au Canada

Dès janvier 2022, du renseignement en pleine évolution indiquait que des auteurs de cybermenace de la Russie exploraient les possibilités de contre-attaques visant les États-Unis, le Canada et d’autres pays de l’OTAN et de la collectivité des cinq, y compris leurs infrastructures essentielles.Note de bas de page 24 Les auteurs de menace cautionnés par la Russie ont déjà prouvé qu’ils étaient capables d’interrompre les systèmes de contrôle industriels (SCI) à l’aide de maliciels destructeurs. Par ailleurs, certains auteurs de cybermenace prorusses ont menacé de lancer des cyberopérations contre les pays et organisations qui fournissaient une aide matérielle à l’Ukraine.Note de bas de page 25

 
 

En riposte à un déferlement de cyberattaques d’origine russe contre l’Ukraine avant et pendant l’invasion, plusieurs auteurs de cybermenace non étatiques ont manifesté leur soutien pour l’Ukraine en répondant notamment à l’appel du gouvernement ukrainien destiné à demander l’aide de pirates informatiques volontaires pour démanteler des sites Web russes.Note de bas de page 26

Le pirate YourAnonSpider, affilié au collectif d’hacktivistes Anonymous, a revendiqué la cyberattaque du début mai contre RuTube, laquelle a mis la plateforme vidéo de la Russie hors service pendant au moins deux jours.Note de bas de page 27 Au cours de cette même période, le groupe NB65, également affilié à Anonymous, s’est déclaré responsable des pannes serveur touchant plusieurs importants réseaux de télévision russes.Note de bas de page 28

De mars à avril, des pirates ont affirmé qu’ils avaient compromis des douzaines de sociétés et d’établissements russes, y compris l’un des principaux services de renseignement de la Russie. Anonymous et Network Battalion 65, en collaboration avec Distributed Denial of Secrets (qui se présente comme un « collectif de transparence »), ont revendiqué un grand nombre de ces opérations. À la mi-juin, Anonymous a également affirmé qu’il avait piraté les plans de véhicules aériens spatiaux sans pilote de la Russie.Note de bas de page 29

 
 

Nous évaluons que les cyberopérations liées à l’invasion de l’Ukraine par la Russie ont été certainement beaucoup plus sophistiquées et étendues que l’ont laissé entendre les sources d’information publiques. Des auteurs de menace ont réalisé des cyberopérations pour le compte de la Russie et de l’Ukraine.

Auteurs de cybermenace parrainés par la Russie

Certaines activités de cybermenace contre l’Ukraine proviennent de divers auteurs associés aux trois principaux services de renseignement russes, soit le FSB, le Service de renseignements extérieurs (SVR) et le GRU. Ces auteurs ont participé à toute une gamme d’activités malveillantes contre l’Ukraine, y compris des cyberopérations perturbantes et destructrices.Note de bas de page 30

Auteurs de cybermenace prorusses

GHOSTWRITER/UNC1151 est un collectif de longue date réalisant des activités d’influence étrangère en ligne et qui serait associé aux gouvernements de la Russie et de la Biélorussie. Ses activités comprennent la désinformation, la collecte de justificatifs d’identité, la conduite d’opérations de piratage et de fuite, l’espionnage et la conduite d’attaques sous faux pavillon.Note de bas de page 31

Cybercriminels et hacktivistes

Sympathisants de la Russie :

  • Certains groupes de cybercriminels qui parlent russe ont déclaré publiquement qu’ils étaient en faveur de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. À titre d’exemple, le groupe d’opérateurs du rançongiciel Conti a menacé d’exercer des représailles contre tout auteur d’attaques contre les réseaux informatiques des infrastructures essentielles russes.Note de bas de page 32 Avant la réorganisation et le changement d’image qu’il a entrepris récemment, Conti était le groupe d’opérateurs de rançongiciel qui avait fait le plus de victimes au Canada.
  • Beregini est un groupe de pirates prorusses basé en Ukraine qui cible constamment le gouvernement et les forces militaires ukrainiens.Note de bas de page 33 L’équipe XakNet, un groupe d’hacktivistes russes, a également pris pour cible l’Ukraine.Note de bas de page 34
  • Killnet, un groupe de pirates sympathisants de la Russie, a mené un grand nombre d’attaques par DDDoS contre des sites Web appartenant à des pays fournissant un soutien à l’Ukraine, plus particulièrement des sites Web liés à différents secteurs d’infrastructures essentielles, dont le secteur des transports. Récemment, le 11 mai 2022, Killnet a ciblé le ministère de la Défense, le Sénat et l’Institut national de la santé de l’Italie.Note de bas de page 35
  • CoomingProject est un autre groupe d’opérateurs de rançongiciel qui a manifesté son soutien au gouvernement russe.Note de bas de page 36

Sympathisants de l’Ukraine :

  • Tel qu’il a été mentionné ci-dessus, des membres du collectif d’hacktivistes Anonymous ont lancé diverses cyberopérations contre le gouvernement et des entreprises industrielles russes. Ils ont notamment effacé des fichiers, piraté la télévision d’État russe ainsi que réalisé des fuites de données et des opérations de DDoS.Note de bas de page 37 Un autre groupe de piratage, les Cyberpartisans biélorusses, a également concentré ses activités sur la compromission de cibles russes, bien que son impact jusqu’ici soit limité.Note de bas de page 38
  • Selon des représentants ukrainiens, plus de 400 000 personnes se sont portées volontaires pour contribuer à une initiative participative du gouvernement ukrainien (« l’armée TI ») visant à protéger les réseaux de l’Ukraine.Note de bas de page 39
 
 

Le CST surveille des sources d’information classifiées et non classifiées afin de déterminer l’intention stratégique des auteurs de cybermenace. Puisque les cyberactivités russes sont issues des objectifs en matière de politiques énoncés par le gouvernement russe, le CST est également à l’affût des rapports classifiés et de source ouverte sur l’évolution de la situation nationale en Russie.

Bien qu’il soit difficile de prédire les cyberactivités futures, nous avons l’œil notamment sur les indicateurs suivants :

Indicateurs contextuels :

  • une intensification du conflit en Ukraine, ou des revers russes constants;
  • un soutien continu ou accentué de l’OTAN dans le conflit;
  • des sanctions économiques persistantes ou durcies, ou de nouvelles mesures contre la Russie;
  • une rhétorique de plus en plus agressive de la part du gouvernement russe;
  • des déclarations relatives aux lignes rouges;
  • un déclin radical de l’appui intérieur russe;
  • des déclarations de soutien précis à la Russie par d’autres acteurs étatiques ou non étatiques.

Indicateurs de cyberactivités :

  • une intensification des activités malveillantes en ligne visant les alliés du Canada, surtout les États-Unis
  • une augmentation des activités de balayage et de reconnaissance contre des cibles gouvernementales, militaires et civiles du Canada et de ses alliés
  • une augmentation des compromissions ou des tentatives de compromission contre des cibles gouvernementales, militaires et civiles du Canada et de ses alliés
  • un intérêt marqué pour l’utilisation et la mise à l’essai de capacités contre des technologies utilisées dans les secteurs des infrastructures essentielles (par exemple,  des dispositifs de SCI, des unités d’alimentation sans interruption [ASI] et des systèmes d’interface homme-machine [IHM])
  • un nombre accru de prépositionnements dans des réseaux d’infrastructures essentielles (notamment dans les secteurs des finances, de l’énergie et des services publics)
  • le ciblage précis de personnes ou d’entités participant ou associées aux sanctions
 
 

Depuis la mi-janvier, le Centre a communiqué à tous les secteurs des infrastructures essentielles canadiennes la nécessité de redoubler de vigilance et de suivre les avis du Centre pour la cybersécurité concernant les tactiques, les techniques et les procédures des auteurs de cybermenace russes. L’information du Centre a été diffusée publiquement dans la mesure du possible et par l’intermédiaire de canaux de confiance pour les avis et les indicateurs techniques plus sensibles liés à la crise actuelle.

Publication de divers produits d’avertissement par le Centre pour la cybersécurité et ses alliés

Depuis 2021, durant le renforcement de la présence militaire russe le long de la frontière ukrainienne et à la suite de l’invasion russe en sol ukrainien sans justification ni provocation, le Centre pour la cybersécurité a surveillé de près l’évolution des menaces ainsi que leurs effets, intentionnels et indirects, sur les organisations et la population canadiennes. Au cours de cette période, le Centre pour la cybersécurité a publié huit produits visant à conseiller, à alerter et à informer les destinataires sur les menaces et les effets possibles de l’invasion de l’Ukraine par la Russie :

Le CST alerte les Canadiens sur les activités de désinformation de la Russie

Outre les efforts de cyberespionnage et les cyberattaques destructrices, des auteurs de cybermenace affiliés à la Russie et parrainés par celle-ci ont déployé des opérations de cyberinfluence conçues pour appuyer les objectifs de guerre de la Russie. Le 1er avril 2022, le CST a commencé à déclassifier du renseignement et à le publier sur l’un de ses comptes de médias sociaux en vue d’exposer des éléments de désinformation que la Russie propage au sujet du conflit en Ukraine :

  • Le 6 avril, le CST a signalé que la Russie prétendait que les États-Unis avaient établi des laboratoires biologiques dans des pays de l’ex-URSS et qu’ils se servaient de l’Ukraine comme terrain d’expérimentation biologique.Note de bas de page 40
  • Le 13 avril, le CST a révélé que la Russie propageait de fausses allégations au sujet de membres des Forces armées canadiennes qui commettaient des crimes de guerre en Ukraine et qu’elle utilisait des images altérées pour renforcer ses faussetés au sujet de l’implication du Canada dans le conflit.Note de bas de page 41
  • Le 25 avril, le CST a indiqué que la Russie rejetait intentionnellement le blâme concernant les atrocités commises par les forces russes et qu’elle répandait de fausses allégations selon lesquelles l’Ukraine avait violé la Convention de Genève et que cette violation avait mené à des dissensions au sein de l’armée ukrainienne.Note de bas de page 42

Le manque de signalement des incidents demeure un défi : nous encourageons fortement les entités canadiennes de tous les secteurs essentiels à signaler les compromissions réelles ou potentielles au Centre pour la cybersécurité, qui se fonde sur cette information pour brosser un tableau complet des cybermenaces pesant sur le Canada, de même que pour parfaire ses avis et ses conseils destinés à la défense contre les tactiques en constante évolution.

  • de notifications, ainsi que d’avis et de conseils initiaux;
  • de soutien visant à contenir et à atténuer les menaces;
  • d’analyses des journaux et des maliciels; et
  • d’analyses de criminalistique numérique.

Pour signaler une compromission ou obtenir des conseils, prière de communiquer avec le Centre pour la cybersécurité au 1-833-CYBER-88 ou à contact@cyber.gc.ca.

 
 
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