Influence étrangère en ligne

Un nombre croissant d’États ont élaboré et déployé des programmes visant à mener une activité d’influence en ligne dans le cadre de leurs pratiques quotidiennes. Des adversaires ont recours à des campagnes d’influence pour tenter de changer le discours public, les choix des décideurs politiques, les relations gouvernementales et la réputation des politiciens et des pays, tant à l’échelle nationale qu’internationale. Ils tentent de délégitimiser le concept de la démocratie ainsi que d’autres valeurs, comme les droits de la personne et ceux touchant aux libertés, qui peuvent aller à l’encontre de leurs propres positions idéologiques. Ils cherchent également à aggraver la friction actuelle dans les sociétés démocratiques en ce qui concerne diverses questions controversées d’ordre social, politique et économique. Bien que les activités d’influence en ligne aient tendance à augmenter en périodes électorales, la portée de ces campagnes continues s’est élargie depuis 2018, de façon à réagir et à s’adapter aux événements actuels, et à changer les stratégies en fonction des nouvelles qui font l’actualité et des enjeux politiques populaires.

Comme prévu dans l’évaluation de 2018, les Canadiens continuent d’être la cible d’activités d’influence en ligne. Par exemple, nous avons noté que l’attention des récentes campagnes s’est tournée sur la COVID-19 et les mesures prises par les gouvernements face à la pandémie. Les campagnes de désinformation ont également cherché à discréditer et à critiquer les politiciens canadiens dans le but de nuire à leur réputation. Nous estimons néanmoins que, comparativement à d’autres pays, les Canadiens ne présentent pas une cible prioritaire en ce qui a trait aux campagnes d’influence étrangère en ligne, mais les positions prises par le Canada sur des enjeux prioritaires d’ordre géopolitique pourraient faire augmenter la menace. Il faut toutefois noter qu’au Canada, les écosystèmes des médias sont étroitement liés à ceux des États-Unis et d’autres alliés. Conséquemment, lorsque les populations de ces pays sont ciblées, les Canadiens s’exposent à des dommages collatéraux en raison de l’influence en ligne.

On considère que l’exposition à l’influence étrangère en ligne se poursuivra certainement pendant au moins les deux prochaines années pour autant que les auteurs de cybermenace adaptent leurs activités à l’évolution des politiques des sociétés Internet comme Google, Facebook et Twitter.

LES AUTEURS DE CYBERMENACE TENTENT DE DIVISER LES CANADIENS

Une analyse des données Tweeter a révélé que des trolls d’Internet russes et iraniens ont utilisé des comptes de façon frauduleuse pour mettre en évidence les divisions entre les Canadiens en amplifiant des propos incendiaires sur des questions politiques qui attisent la discorde, comme le terrorisme, les changements climatiques, la construction de pipelines, ainsi que les politiques sur l’immigration et à l’égard des réfugiés. Bon nombre de ces gazouillis réagissaient à des événements importants, comme ce fut le cas en janvier 2017 à la suite de la tuerie de la mosquée de Québec, ou en juin 2019 après l’approbation de l’expansion du pipeline Trans Mountain.Note de bas de page27

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